Violette Leduc: la chasse à l'amour

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Violette Leduc: la chasse à l'amour

Violette Leduc (1907-1972), figlia illegittima di una cameriera, fu autrice del controverso romanzo Thérèse et Isabelle e della spietata autobiografia La batarde (pubblicati entrambi da Feltrinelli). Con quest’ultimo, nel 1964, sfiorò il Premio Goncourt e si accollò gli oneri e gli onori di autrice scandalosa per via della franchezza con la quale raccontava l’amore, anche carnale, tra donne. Protégée di Simone de Beauvoir, che credette in lei (un po’ come fece Sartre con Genet) e la introdusse nell’entourage esistenzialista. Fu una donna tormentata e contraddittoria, divenuta, forse suo malgrado, un simbolo per il movimento femminista e la comunità lesbica. Prodotto dal canale televisivo ARTE, per ricordare una scrittrice la cui forza dirompente rimane attuale e intatta. (TGLFF)

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« Si on entreprend une autobiographie, il faut y aller à fond » affirme Violette Leduc. L’homosexualité, l’avortement, la bâtardise, elle aborde chacun des sujets tabous des années 50 sans aucune hypocrisie. Sa « sincérité intrépide » lui apporte l’admiration et le soutien de Simone de Beauvoir. Presque 50 ans après le succès public de la Bâtarde, les livres de Violette Leduc trouvent un fort écho chez une nouvelle génération de lectrices et de lecteurs, séduits par sa liberté de ton. Faisant de son destin familial, de sa vie d’écrivain et de sa sexualité la matière de ses livres, Violette Leduc construit une œuvre qui ressemble à sa personnalité singulière. Elle s’approprie le langage pour le retourner comme un gant, pour s’en faire une arme, notamment pour affronter la solitude et la dépression. Inspiré par le style poétique de Violette, le film propose la vision d’un grand écrivain totalement investi dans l’écriture, et qui se révèle en avance sur son époque. Intéressée par la manière dont Violette est capable de décrire sa vie et le monde qui l’entoure, Esther Hoffenberg revient sur les lieux où elle a vécu et travaillé, à Paris et à Faucon, où elle convie des lectrices et lecteurs passionnés, dont plusieurs amis proches. Violette Leduc est incarnée par des archives filmées sur les mêmes lieux, et par des extraits de ses textes. Ses livres aux titres évocateurs, comme « Ravages », « Thérèse et Isabelle » ou « l’Affamée » structurent le film, permettant de tisser à la fois son écriture, sa vie, et sa passion pour Simone de Beauvoir. Dominique Reymond lit les extraits des textes dans un style direct et sensible qui s’harmonise avec la manière de parler de Violette Leduc, telle qu’elle apparaît dans les archives. (Produzione)

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Ça commence par des cris et des pleurs comme une naissance, comme une venue au monde. Une voix lit les lignes e´crites par Violette Leduc, des lignes pleines de la douleur et du de´sir de vivre. Une douleur et un de´sir euphoriques, fertiles, chauds et jouissants qui ne l’ont jamais quitte´e de toute sa vie. Le film dresse le portrait d’un e^tre qui a trouve´ dans l’e´criture le moyen de tenir, le lien qui l’attacherait tant bien que mal au monde. L’œuvre et la femme ne font qu’un. Difficile de dresser par les images et les sons le portrait d’un artiste, l’œuvre annule le film, le film fait de l’ombre a` l’œuvre. Lorsque cet artiste est un e´crivain, la tâche s’ave`re d’autant plus complexe. Comment transformer le plaisir magique de la lecture en un plaisir d’e´couter et de voir, comment rendre les images qui pre´sentent une œuvre et son auteur pertinentes alors que seuls les mots ne peuvent e^tre fide`les et rendre justice a` ce qu’un e´crivain voulut exprimer ?
Tout en simplicite´ et en pudeur, sans fioriture, sans commentaire, sans reconstitution, le film d’Esther Hoffenberg parvient a` attirer l’attention du spectateur sur une artiste, une femme, l’histoire d’une vie et les traces e´crites qu’il en reste. Chaque voix y trouve une place juste. S’articulent avec e´le´gance l’entretien avec des spe´cialistes, les extraits de textes lus et les images d’archives sur lesquelles nous de´couvrons Violette Leduc, son visage, ses gestes, le grain profonde´ment since`re de sa voix, images ou` on la suit se promenant dans un Paris qui n’est plus, te´moignage d’une e´poque, celle du Cafe´ de Flore, de Sartre et de Beauvoir, re´pondant a` quelques questions avec une simplicite´ et une ve´rite´ de´sarmantes, re´citant comme un poe`me les menues activite´s qui occupent ses journe´es. Ainsi se tisse en filigrane le portrait complexe d’une femme et d’une œuvre. Le film reste pudique a` l’e´gard de la vie me^me de l’auteur, e´vitant appre´ciablement tout e´cueil biographique. Quelques touches sont pose´es, c¸a et la`, au fil du re´cit, des touches qui ne font pas causes, qui n’expliquent rien, mais, e´clairent le´ge`rement le tableau des nuances d’une vie. Ce qui reste, persiste, accroche sont les extraits lus avec justesse par la come´dienne Dominique Reymond. Ils ponctuent le portrait avec gra^ce, lui apportant son e´clat, son e´paisseur et son rythme, ceux-la` me^mes du talent de l’artiste que nous de´couvrons.
Entre ses/ces lignes, des femmes, chercheuses en litte´rature, livrent une parole universitaire apportant le fruit de leurs re´flexions. Dans la bouche de certaines, elles se transforment en confidences. Elles ne se contentent pas de faire part froidement de l’analyse d’un texte sur lequel elles ont travaille´, tel que le voudrait l’entretien classique, mais expliquent a` quel point elles ont e´te´ touche´es, il y a des anne´es, par la lecture des e´crits de Violette Leduc. C’est d’une rencontre qu’on nous parle. Le te´moignage froid se transforme ainsi en partage habite´. Chaque personne rencontre´e dans le film se fait une place harmonieuse aux co^te´s du personnage principal qu’est Violette Leduc. Chacune d’entre elles explique comment elle lui est lie´e. Me^me Simone de Beauvoir, qui aurait pu sans difficulte´ e´clipser le sujet principal du film parce que plus connue et reconnue, parce que dominante au sein de la relation qui liait les deux femmes, tient bien son ro^le de personnage secondaire, en toile de fond, froide et mai^tresse de l’ordre.
Comme un hommage, comme une proposition ou comme la promesse d’une rencontre a` venir entre un lecteur et un auteur, le film dresse aussi classiquement que finement le portrait juste et saisissant d’une femme au visage humide de larmes et a` la langue claire et incisive. Elle a pleure´ toute sa vie, dit-elle, e´crire se´chait ses larmes.
violette leduc chasse à l’amourA la fin, il y a moins de pleurs, moins de cris. Dans sa chasse a` l’amour, Violette Leduc a re´colte´ et a donne´ vie a` suffisamment de fruits, de matie`res pour survivre sans hurler. Comme elle l’e´crit, son amour pour Simone de Beauvoir est un amour de l’ordre. L’ordre qu’elle mit dans ses mots, dans sa te^te, et par la dans sa vie. Violette Leduc remplit des pages de ses maux devenus mots pour leur donner un sens et pour les rendre supportables. Nous sommes touche´s, heureux d’avoir passe´ une heure avec elle, avec ceux qui l’ont connue et ceux qui l’ont lue et, avides de la rencontrer a` notre tour.
A la sortie du cine´ma, la nuit est tombe´e, je baigne dans le de´sir de de´couvrir ses lignes que j’ai entendues, de les retrouver sur le papier, de prolonger le film par la lecture, pour entendre encore cette voix. Je fais quelques pas habite´e par le rythme e´rotique, lent et vaporeux du film, je n’ai pas envie de parler. Bon signe. Plus tard, dans une petite librairie biarrote, juste au dessus de la salle du Casino, The Bookstore, je lis les premie`res pages de L’affame´e assise dans un canape´ au milieu des livres.
(Marine Louvet, wordpress.com)
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INTERVISTA alla regista Esther Hoffenberg di Cléo Lagrange

Comment avez vous découvert l’existence de Violette Leduc ?

Tout a commencé au Cinéma du Réel, en découvrant le portrait de Violette Leduc réalisé par P.A. Boutang1 . J’ai été fascinée par sa manière de parler totalement lucide, de livrer ses histoires d’amour très compliquées aussi bien avec des femmes qu’avec des hommes, ses troubles psychiques. Tout cela avait une résonnance avec mon histoire personnelle et m’a donné envie de la lire. Mais le vrai coup de foudre est arrivé à la lecture des premières pages de Ravages. La narratrice allume dans le noir d’un cinéma la cigarette d’un inconnu, et décrit en même temps l’action sur l’écran et le début d’une « chasse à l’amour » qui sera sa première aventure avec un homme. Une écriture à la fois extrêmement crue et incroyablement poétique. Je n’avais pas connu de choc pareil depuis ma découverte de Proust.
Comment s’est prise la décision d’en faire un film ?

Cela s’est passé en plusieurs étapes. Quand je lui ai parlé de Violette Leduc, mon fils Dario, 20 ans à l’époque, m’a tendu Ravages, livre introuvable qu’il avait dégotté chez un bouquiniste, après qu’un professeur de littérature de Paris VII ait aiguisé sa curiosité. Puis, la lecture de tous ses livres m’a transportée, et m’a entraînée vers des lecteurs et lectrices passionnés, avec un sentiment de partager quelque chose de précieux et d’intime, et le désir d’élargir le cercle. Ce n’est pas simplement l’oubli relatif d’un grand écrivain qu’il fallait réparer, mais surtout un regard sur le monde, par la littérature, que j’ai eu envie d’éclairer. Enfin, en lisant la correspondance mise à ma disposition par Carlo Jansiti, le biographe, et Claude Dehous, la nièce de Violette Leduc, j’ai entrevu la dimension romanesque et historique que la relation entre Violette Leduc et Simone de Beauvoir pouvait apporter au film.

Le film donne la part belle aux archives. Vous les aviez toutes consultées avant de commencer à écrire ?

J’aime la voix de Violette, sa façon très littéraire et en même temps très directe de parler, ses opinions sur l’érotisme, sur la pudeur, l’hypocrisie, les êtres qu’elle aime, la littérature. Dans les entretiens télé, Violette Leduc me fait rire, réfléchir, elle m’émeut. En petite vieille édentée face à Pierre Dumayet, alors qu’elle n’avait que 57 ans, rajeunie après le succès de la Bâtarde en 1964, apaisée à Faucon, en pleine nature, c’est très fort. J’ai fait des allers-retours entre archives, lectures, et rencontres. Grâce au site de Mireille Brioude2 j’ai pu lire des travaux universitaires passionnants avant de me rendre à l’IMEC3 où j’ai étudié les revues de presse, les photos et les manuscrits déposés par Carlo Jansiti et la famille de Violette. Les petits cahiers de La chasse à l’amour, avec son écriture, les passages coupés, la censure qu’elle a subie, tout cela devenait très concret, visuel.

Dans le film, vous réussissez à nous faire sentir le personnage de Violette sans nous raconter sa vie par le menu. Comment avez vous fait ?

D’abord en préférant donner à entendre ses textes, plutôt qu’un commentaire. Puis en tentant de rendre Violette aussi présente que possible à travers les archives. Etant donné qu’elle parle comme elle écrit, c’est comme si elle tissait elle-même la trame du récit. Muriel Breton, la monteuse, a renforcé cette dimension. Ensuite en structurant le film avec les livres, dont les titres éloquents apparaissent en tête de chapitre. Cela permet d’aborder l’essentiel de son œuvre et de sa vie, sans s’attarder sur des détails biographiques. L’Asphyxie, est le livre qui décrit sa relation névrotique à sa mère, c’est également sa rencontre fondatrice avec Beauvoir. La Bâtarde revient à la fois sur ses débuts d’écrivain, poussée par Maurice Sachs, et sur son aboutissement : le succès du livre en 1964… Thérèse et Isabelle, aborde en même temps la révélation de l’amour par une femme, la recherche du mot juste, et la jouissance de l’écriture. Ravages, c’est l’avortement et la censure, etc. Enfin, l’actrice Dominique Reymond a trouvé une justesse de ton, sans emphase, qui restitue ses textes dans toute leur subtilité.

Pensez vous qu’elle est une auteure provocatrice, précurseur en matière de sexe ? Une pionnière de la littérature homosexuelle ?

Elle aimait choquer pour attirer l’attention, surtout après le succès. Elle s’est mise à sortir beaucoup dans des tenues excentriques, peut-être pour se protéger des regards cruels. Elle jouait avec ses perruques, ses chapeaux, avait l’art de la répartie, de l’irrévérence. On la prenait pour une grande mondaine parce qu’elle sortait dans les boîtes de nuit, mais cela n’a pas duré longtemps. L’écriture comptait plus que tout, et je ne la trouve pas provocatrice dans ses livres. Je dirais plutôt exigeante, novatrice, séductrice, surtout par ses textes érotiques. Elle a inspiré beaucoup d’écrivains, hommes et femmes. Je n’aime pas mettre à part la littérature homosexuelle. C’est bien pratique pour les libraires, mais pour moi, cela n’a pas de sens, et pour Violette Leduc non plus. Thérèse et Isabelle est un pur chef d’œuvre de littérature. Violette est précurseur dans le sens même où elle invite à la liberté érotique au delà des catégories.

Quel est votre parcours ? Qu’aviez vous fait comme films auparavant ?

En 1980, j’ai co-réalisé avec Myriam Abramowicz Comme si c’était hier, un film sur le sauvetage des enfants juifs en Belgique pendant la guerre, une résistance assurée surtout par des femmes. Ensuite, après avoir produit des documentaires pendant 20 ans, je suis revenue à la réalisation en 2005, avec Les deux vies d’Eva, poussée par le besoin de démêler l’histoire de ma mère. J’ai enchaîné avec Discorama, signé Glaser, un film qui place dans une perspective historique une pionnière de la télévision dite « de variété », une productrice-réalisatrice-vedette qui fait partie de la mémoire collective des années 60, et qui est morte dans la misère. Mais quand j’ai découvert Violette Leduc, je travaillais à un film porteur d’un autre type d’angoisse. Au pays du nucléaire explore le territoire de La Hague sous l’angle du tabou qui entoure les risques engendrés par l’industrie nucléaire. Lire Violette Leduc, entrer dans son univers de sincérité et de vérité m’a aidé à supporter le déni auquel j’étais confrontée.

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