Spasibo

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Spasibo

Clément, un attore francese, si reca a San Pietroburgo per partecipare ad un festival di cinema. Arrivato si accorge che è come se fosse invisibile, sparito: nessuno può ascoltarlo o vederlo. Finalmente incontra Andrei, un gay russo che sta vivendo la stessa angosciante esperienza… Bellissima metafora sull’invisibilità dei gay in Russia. La regista era stata invitata ad un festival a San Pietroburgo col suo secondo corto “Entre les corps”, un film lesbico. Nel frattempo (17/3/2012) veniva promulgata a San Pietroburgo una legge contro la propaganda gay (poi estesa a tutto il Paese), cosa che indusse la direttrice del festival a togliere il film dal programma (perchè presentava la vita libera degli omosessuali parigini) temendo per il suo futuro professionale. Per la Sartini fu uno shock, così decise di recarsi ugualmente a San Pietroburgo dove constatò che i locali gay erano tutti chiusi. Quasi per caso incontrò una ragazza lesbica che la indirizzò ad un bar gay, senza nessuna insegna, dove potevano entrare solo quelli che conoscevano personalmente il proprietario. Questa angosciante esperienza, in una città metropolitana dove praticamente gli omosessuali sono diventati invisibili, le ha dato l’idea di questo film, una vibrante protesta contro l’omofobia russa. Il film Spasibo (grazie in russo), che porta le dedica finale “ai nostri amici russi”, ha vinto il Premio Speciale della Giuria al Festival del Cinema e dei Diritti Umani di Parigi, promosso da Amnesty International.

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Clément, a French actor, goes to Saint Petersburg to participate into a film festival. When he gets there, he realizes he has disappeared: nobody can hear him and see him. He meets Andrei, a Russian gay who lives the same thing.

INTERVISTA ALLA REGISTA

La vie d’Adèle, Tom à la ferme, Les chansons d’amour. Le point commun entre ces films ? Ils ont tous été interdits de diffusion en Russie. La réalisatrice Anais Sartini a aussi fait les frais de cette censure.
En mars 2012 son court-métrage Entre les corps est sélectionné au Festival les Saisons Parisiennes de Saint Petersbourg. Elle organise alors le voyage avec sa co-productrice et son comédien. Mais la loi contre la “propagande homosexuelle” est alors promulguée à Saint Petersbourg. Le Festival leur annonce la censure du court-métrage, qui mettait en scène des homosexuels à Paris. Sous le choc, elle écrit le scénario d’un second film, “Spasibo” et se rend sur place pour le tourner, le plus discrètement possible, munis d’un appareil photo qui filme en HD et d’une mixette son. Sans autorisation de tournage, le risque était d’être renvoyés en France, et éventuellement interdits de séjour en Russie.Voici le film dans son intégralité :
BBX : Comment vous a t-on communiqué la nouvelle de la censure d’Entre les corps ? Les organisateurs du festival avaient-ils peur de la répression ?
Anais : La nouvelle de la censure fut précédée de longs échanges par mail et téléphone avec l’organisatrice du festival. La décision n’est pas tombée comme un couperet. Nous avons échangé longuement, pesant le pour et le contre. Il était évident pour moi et l’équipe qu’il fallait présenter le film, et plus compliqué pour l’organisatrice : elle avait peur de mettre en danger son festival, les autres films, et plus personnellement son avenir professionnel en Russie. Après quelques jours de réflexions, elle a pris la décision de retirer Entre les corps de la programmation.
Avez-vous rencontré des LGBT russes durant votre séjour ?  Quel impact cette loi a-t-elle sur leur vie quotidienne ?
Une fois à Saint Petersbourg, nous avons cherché sur internet des lieux LGBT et arpenté la ville pour les trouver. Les lieus, bars, café ou club, étaient fermés ou n’existaient tout simplement pas. Cette marche sans succès à travers la ville compromettait le tournage et rendait la métaphore de la disparition plus réelle. A bout de course, nous nous sommes posés dans un café pour faire le point. A côté de nous deux filles russes discutaient. Elles nous paraissaient sympathiques, à peu près notre âge, et nous n’avions plus rien à perdre. Clément lance la conversation en demandant si elles connaissent des endroits où sortir, faire la fête. Le feeling est tellement bien passé que nous leur avons confié la raison réelle de notre présence. Leria nous dit alors qu’elle est lesbienne et la suite s’est enchainée très vite, cette rencontre était improbable ! Elles nous ont emmenés aussitôt au Malevitch, un bar/club gay tenu par deux amis de Leria. L’endroit était assez excentré, et pour y accéder, il faut connaitre : après avoir traversé un parking, derrière des blocs, nous accédons à une porte, un interphone, rien n’est visible de l’extérieur. Quelques heures plus tard, nous rencontrons Yvan et Andrei, les patrons du club. Yvan parlait anglais couramment et nous a aidé à organiser un casting dès le lendemain, dans le club, en relayant l’info sur les réseaux sociaux.
Ils avaient entendu parler de la loi mais n’ont pas vu de changements directs sur leurs vies. Cela fait longtemps qu’ils ont intégré l’idée de vivre leur homosexualité loin des regards. Mais paradoxalement, cette loi leur a donné envie de se révolter, de s’exprimer, d’organiser des actions, comme Alfred – que nous avons rencontré au casting – ou de participer à des festivals, comme Greshka – qui danse le soir au Malevitch, dans le show de transformiste.
Quel avenir pour le film Spasibo ?
Spasibo a déjà été diffusé dans des festivals à l’international. Nous l’avons présenté au Queer Festival à Saint Petersbourg en septembre 2012 – l’occasion pour moi d’y retourner et de revoir Andrei, Yvan et Leria – et il a obtenu le Prix Spécial des Droits humains au Festival Cinéma et Droits Humains d’Amnesty International, en novembre 2012 à Paris. Avec Clément nous nous sommes dit qu’il était temps, au bout d’un an, de le faire vivre autrement : la loi s’est étendue à toute la Russie, et la polémique s’embrase avec les Jeux Olympique de Sotchi. Mettre en ligne “Spasibo” sous-titré en français, russe et anglais sur internet, c’est une manière de continuer le combat différemment.
Penses-tu retourner en Russie un jour ?
Je retournerai bien sur en Russie ! Tant qu’on ne me l’interdit pas et que je ne risque pas d’être enfermée comme Nadezhda Tolokonnikova des Pussy Riot. J’ai des amis maintenant là-bas et j’aimerais bien y tourner un autre film… Aux filles qui voudraient s’y rendre : n’hésitez pas à partir là-bas pour les soutenir. Si vous passez par Saint Petersbourg, allez faire un tour au Malevitch, c’est ouvert aux filles et aux garçons et les weekends vous verrez le show de Nicole, Mona, Lucien, Yvan et Andrei ! (www.barbieturix.com)

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