Michel

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Michel vive in un ospedale psichiatrico da molti anni. Blaise Othnin-Girard è affascinato da questa figura fuori da qualsiasi canone, compresi quelli ai quali vorrebbe ridurlo un isolamento forzato. Arte, amore, amicizia nelle parole di Michel sembrano diversi. «Mi sembra che il paradiso… è un amore che ti trapassa il ventre e che ti rende davvero felice… una sensazione come di esplosione d’amore in un luogo lontano. È un luogo in cui si può godere, il paradiso». Il regista non vede Michel dai tempi dell’appartamento terapeutico di Mâcon, nel 2001, dove abitava prima che insorgessero alcuni problemi. Lo ritrova adesso all’ospedale in una Unità di Psichiatria Complessa: un settore chiuso e silenzioso. La sue parole si rivelano tra dolore e resistenza, humour e lucidità, lasciando intravedere una storia d’amore tra corpi impediti.
Nel 1989 Blaise Othnin-Girard ha conosciuto la realtà psichiatrica di Mâcon e ha deciso di cominciare un progetto pluriennale che prevedeva la realizzazione di un film ogni 10 anni. Nel 2009, alla sua terza volta, decide di approfondire la conoscenza di Michel. Attraverso la sua storia il tentativo del regista è quello di addentrarsi nei misteri della mente umana, in una dimensione che riguarda la condizione dell’uomo, al di là del tempo e dello spazio. (SQFF)

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Michel has been living in a psychiatric hospital for many years. Blaise Othnin-Girard is fascinated by this figure who rejects all kind of rules, even those that would see him put in solitary confinement. Art, love, friendship, in Michel’s words they all seem different. «To me paradise… is a love that cuts through your stomach and makes you truly happy… it’s like a love explosion in the distance. Paradise is a place where you can thrive». The director hasn’t seen Michel since 2001, when he still lived in a therapeutic apartment in Mâcon, before his conditions got worse. He meets him again now in the Acute Psychiatric Unit: a secluded and quiet area in the hospital. His words unveil pain and resistance, humour and awareness, and they hint at a love story between inept bodies. In 1989 Blaise Othnin-Girard got to know the psychiatric network in Mâcon and he decided to start a long project aiming at the production of a movie every ten years. In 2009 – it was his third time – he decided to get to know Michel on a deeper level. Through Michel’s story, the director tries to explore the mysteries of the human mind, on a level that concerns the human condition, beyond time and space. (SQFF)

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MENZIONE SPECIALE DELLA GIURIA AL FESTIVAL POINTDOC:

“Michel est un portrait passionnant, singulier, captivant, d’un personnage touchant et visionnaire par la conscience profonde qu’il a du monde et de sa folie; lucide sur les autres, ses désirs, ses faiblesses. . Le film interpelle et creuse cette altérité filmeur-filmé grâce à son histoire d’un tournage au long cour avec le personnage principal. Il nous plonge dans l’imaginaire si dense et complexes de Michel, ses aspirations, le langage de son intimité en intimité avec le spectateur. Le film est formellement inégal et parfois foutraque (dans ses cadres et mélanges de supports) du fait des conditions de tournage particulières en clandestinité de l’institution. Elle ne s’est cependant pas faite au dépend de Michel mais en accord avec lui et c’est ce qui donne au film toute sa profondeur et le film retrace l’histoire de ce lien entre Michel et le réalisateur (sa grande altérité non compassionnelle, sans voyeurisme aucun, j’en avais peur) et Michel. Le film témoigne avec une grande justelle ce qu’est la souffrance de l’enfermement : à un endroit, il questionne et met en doute l’échec de la psychiatrie lourde … ”

CRITICA:

Michel « habite » le milieu psychiatrique depuis toujours. Il y est entré pour un motif laissé inexpliqué, mais dont l’injustice profonde se laisse deviner, par cette scène inaugurale du film tournée dans le milieu des années 80 par le même réalisateur, Blaise Othnin-Girard, auquel il confie ses aspirations. Michel est comme vous et moi, il veut voir ses dessins s’animer devant ses yeux. Il aime le cinéma. Il est déjà gagné par une soif insatiable, qui perce le film de toutes parts, et que nous devrions tous lui envier. Il ne sait pas encore qu’il va passer le reste de sa vie en enfer. Un autre plan nous donne son visage quelques années plus tard, plein cadre, le regard triste. Il peint. Sa tristesse tient sans doute au fait que la peinture lui donne le goût d’une vie et d’une liberté qui lui ont été refusées.
Michel ou 9 jours de la vie d’un ho est le portrait saisissant, d’une intensité et d’une droiture rares, de cet homme qui a pris sur lui une condition qui semble lui avoir été imposée de manière toute extérieure. L’épreuve de l’abandon, dont enfant il devait faire l’expérience, aura duré toute sa vie. Seul ce projet de Blaise et Claude Othnin-Girard, né il y a trente ans et toujours en chantier, de filmer l’institution psychiatrique, aura cherché à l’en extraire, mais en vain. Le pouvoir de l’institution est malheureusement plus puissant que celui de nos images. Puissent celles-ci faire exister à ciel ouvert le secret de vies soustraites, bien malgré elles, au monde.
Blaise et Claude Othnin-Girard perdent Michel de vue en 2001, alors qu’il est installé dans un appartement thérapeutique, à Mâcon. Personne ne sait leur dire où il est, ni s’il est toujours en vie. A force de recherches, ils le retrouvent, enfermé dans une Unité de Psychiatrie Complexe. Il s’y trouve suite à une hospitalisation d’office, qu’aucune décision de justice n’aura précédé. Il est considérablement amoindri par le traitement, les sédatifs. Il a perdu la plupart de ses dents. Les vagabonds des étoiles nous le montrait vaillant, et prompt à chanter. Il marche désormais péniblement, et chute à la croisée des couloirs de l’hôpital.
Dès ces premières images tournées dans l’Unité de Psychiatrie Complexe, le film manifeste lui-même sa propre urgence. Il faut filmer, se lier à cet homme par la caméra, pour qu’une parole se déploie, lui redonne du souffle dans un univers qui cherche à frapper l’esprit d’interdit : ses livres ne sont plus avec lui ; la peinture lui a été retirée ; quotidiennement, il lui est enseignée qu’il ne faut pas chercher à résister, l’institution psychiatrique sera toujours plus forte que les corps qu’elle empêche. Michel est un pur regard. Il voit tout, comme il le dit à la caméra et à son opérateur, et comprend tout. Son regard embrasse davantage que ce que la caméra peut enregistrer.
Le cadre de fabrication du film décide à bien des égards de sa forme. Tourné hors de tout contexte de production, sans s’embarrasser d’autorisations de tournage ou autre, le film s’est fait comme on visite un ami. La caméra devait d’abord et avant tout être une écoute. Elle est petite, discrète, s’ajuste seule. Les cadres sont hasardeux, ils ne cherchent qu’une chose, garder le lien avec l’homme, Michel, étouffé par le travail de la médecine. Les quelques plans tournés à l’extérieur de la chambre sont filmés avec une caméra de poche, suspendue au cou du cinéaste, qui cadre à l’aveugle au gré des mouvements de son torse. Pour autant, Michel est un film d’une cohérence plastique puissante. Peut-on en effet filmer l’enfer en y mettant les formes ? En posant une lumière ici et un réflecteur là ? La caméra de Blaise Othnin-Girard doit rejoindre directement son motif, car le lien de vie qu’elle cherche à entretenir est d’une fragilité, d’une délicatesse extrêmes. Elle doit aussi être un œil alerte et réactif, toujours ouvert, car la parole qu’elle veut accueillir est fulgurante, à tous points de vue. A cet égard, une scène filmée dans la cour de l’hôpital, où Michel se rend, quand il peut, pour fumer des cigarettes, est particulièrement lumineuse, quant à la raison d’être de ce film. Après s’être posé sur un banc pour finir son clope, Michel y court et marche, en tournant en rond. La caméra le suit tant bien que mal, le laissant sortir du champ, cherchant à le ressaisir dans l’œil, dans le cadre possible de la caméra. Dans le reflet d’une fenêtre, on entrevoit le cinéaste et son père, dont Michel approche, pour s’en éloigner à nouveau. La caméra cherche à garder un lien qui se distend et se resserre presque de lui-même. Michel est l’une de ces évidences qui nous viennent et nous échappent avec la même soudaineté.
En même temps qu’une vision intérieure de l’enfermement, et de son lot d’épreuves quotidiennes, Michel ou 9 jours de la vie d’un ho donne à voir, dans sa progression narrative, une histoire d’amour dont les accents mystiques sont tout à fait sidérants. Michel, dont on comprend à mots couverts que l’homosexualité n’est pas étrangère à son arrivée dans le milieu psychiatrique, a, comme il se l’entend dire, « un faible » pour Alain, dont nous avons pu voir le nom apposé dans les cieux des dessins d’églises et de basiliques qu’il peut encore faire au feutre et au crayon. C’est un voisin de chambre, dont on aperçoit la silhouette lors d’une sortie dans la cour, qui est enfermé pour avoir poignardé sa mère, dont il parle sans cesse. Lorsque des crises le gagnent, Michel sait le calmer, en le prenant dans ses bras, pour le consoler. L’étreinte, c’est aussi la manière dont il entend apprivoiser les éventuels monstres qu’il dessine et qu’il pourrait croiser en enfer, si d’aventure il y était promis, ce qui assurément n’arrivera pas. Aimer les monstres, les consoler, c’est la seule manière d’affronter l’enfer, pour le transformer en paradis.
Michel, qui sait de quoi il parle lorsqu’il évoque l’enfer et la nécessité où est l’amour d’en franchir le seuil, donne ici une parole d’une clarté brulante et bouleversante. Et qu’il libère cette clarté pour nous, avec une générosité incompréhensible, est tout à fait inouï, sinon miraculeux. Si l’amour est fort comme la mort, il faut souhaiter que celui qui a transpercé le ventre, traversé le coeur de cet homme au destin tragique puisse irradier longtemps le nôtre, et nous faire entrevoir ainsi ce mystère insondable dont toute vie humaine a pourtant le secret. (Rodolphe Olcèse, abraslecorps.com)

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