Diamante nero

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Diamante nero

Celine Sciamma torna al Festival di Cannes per la terza volta. Aveva esordito nel 2007 con “Naissance des pieuvres” presentato a “Un certain regard” e vincitore del Prix Louis Delluc. Ritorna nel 2012 con “Tomboy”, film che ha lanciato la regista in tutto il mondo e qui premiato come miglior sceneggiatura. Quest’anno, 2014, presenta il suo terzo lungometraggio, “Bande de filles”, scelto come film d’inaugurazione della prestigiosa sezione “Quinzaine des réalisateurs”. La regista prosegue con questo film la sua ricerca sul mondo dell’adolescenza femminile, del cammino verso la maturità. Questa volta mette al centro della pellicola un gruppo di ragazze straniere, tutte nere. Come sempre i protagonisti del film sono stati scelti nella strada, nei centri commerciali, nella città viva e palpitante, in questo caso tutte giovani attrici alla loro prima prova attoriale. La protagonista del film è Marieme, una ragazza che vive i suoi 16 anni come una successione di continui divieti. I divieti del suo quartiere, la legge dei maschi, quell’impasse chiamata scuola. Ma l’incontro con tre ragazze libertine cambia tutto. Ballano, litigano, parlano ad alta voce, ridono di tutto. Marieme entra nella banda delle ragazze per vivere finalmente la sua giovinezza. Celine Sciamma ha parlato così del suo film: “Ho voluto fare ancora un film sulla gioventù che conclude la mia trilogia su questo tema. Il film si concentra sulla parte terminale dell’adolescenza. Ci sono quattro ragazze che cercano di vivere la loro gioventù. Hanno la particolarità di essere tutte nere, anzi abbiamo un cast nero al 100%. Proseguo quindi sul tema dell’alterità, in continuità coi miei due film precedenti, sulle tematiche della nascita del desiderio, sulla pressione subita dalle donne e soprattutto sulla necessità di sfuggire ad un destino tracciato da altri”
Parte fondamentale del film è la colonna sonora, firmata da Para One che aveva già collaborato per il primo film “Naissance des pieuvres”, con un tema centrale che ricorre più volte e che segue l’evoluzione della protagonista, progredendo con essa. Ci sono anche scene di danza, con un momento culminante segnato dalla musica di Rihanna Diamonds, che ha permesso l’utilizzo del suo brano solo dopo aver visto la sequenza dedicata a quella canzone.

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Questo film al box office

Settimana Posizione Incassi week end Media per sala
dal 18/06/2015 al 21/07/2015 20  10.800  568

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Un commento

  1. Skippy'90

    Appena visto e si è rivelato un bel film permeato da una tensione omoerotica che si percepisce in tutto la narrazione e che potrebbe spiegare la scelta della protagonista nonché il suo legame col femminile (specie con la leader del gruppo di cui farà parte) e la sua ricerca d’identità che non trova riscontro nel rapporto con gli uomini. Voto: 9.

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CRITICA:

Come Foxfire , Bling Ring , 17 ragazze , anche questo film di Céline Sciamma (indimenticabile trans-autrice di Tomboy ) è la storia di Marieme, adolescente in famiglia disastrata e fratello violento, e del suo patto sociale con tre ragazze di colore della banlieue parigina che la scuotono dall’indifferenza.
La nostra eroina vuol reagire alla mancanza di esempi maschili, al degrado del panorama urbano, partecipando ma con riserva alla complicità del clan, riservandosi sempre un’ultima mossa. Non ci sono proclami, denunce, moralismi, speranze di avvenire migliore: c’è solo la registrazione di fatti che accadono, di insicurezze, di spezzoni di vita ordinaria dove è difficile mettere ordine, tirare le fila e quindi anche compilare ideologia. Ben recitato, ben mixato, col rischio di sembrare una fin troppo gradevole commedia. (M. Porro, Corsera- voto 7/10)

NOTE DI REGIA

Le désir premier, ce sont les personnages. Ces filles que je croisais dans le quartier des Halles, dans le métro, à la Gare du Nord. En bande, bruyantes, vivantes, dansantes. En allant chercher plus loin, sur leurs Skyblogs, j’ai été fascinée par leur esthétique, leurs styles, leurs poses. Au-delà de cette énergie séduisante, il y avait avec ces personnages la présence d’enjeux forts et intimes au cœur de mon projet de cinéaste : la construction du féminin avec ses pressions et ses interdits, l’affirmation des désirs, le jeu avec les identités. A travers elles, je voulais poursuivre mon travail autour des questions de jeunesse et du récit initiatique, mais dans un précipité de contemporain, ancré dans une réalité française, politique. Ces personnages singuliers portaient en eux la promesse du portrait mais aussi celle d’une fiction en tension dans une dynamique romanesque. Si leur histoire est générationnelle et très française dans son ancrage, elle s’inscrit également dans une mythologie de cinéma. Celle d’une jeunesse soumise aux interdits et que l’on peut raconter aujourd’hui en France avec ces filles des quartiers.
Le casting s’est déroulé sur une période de 4 mois. Il a consisté en premier lieu pour Christel Baras, directrice de casting, à arpenter Paris et ses banlieues. Un casting sauvage qui nous a fait rencontrer des centaines de jeunes filles, croisées dans la rue, les centres commerciaux, la Foire du Trône… Il fallait à la fois trouver des physiques et des identités fortes, tout en composant un groupe avec ses affinités et ses contrastes. Nous avons travaillé pour choisir nos interprètes sur la base d’improvisations, puis en introduisant le texte, car le film est très écrit. Karidja Touré, Assa Sylla, Lindsay Karamoh, Marietou Touré se sont détachées du lot, mais je dois dire que nous étions soufflées par la grande qualité de présence et d’énergie de la majorité des filles que nous avons rencontrées. De l’intelligence, de l’humour, de l’invention, du style : le processus de casting m’a complètement confortée dans l’idée que les filmer était indispensable. D’autant que ces personnages sont largement absents des écrans. C’est une part essentielle du projet que de regarder ces visages et ces corps qu’on ne voit jamais. Ou alors dans une dynamique de diversité, qui ne fait pas la part belle au personnage, mais qui met en scène le geste de les représenter. Le film n’est pas dans la diversité, mais dans l’exclusivité. Il est exclusivement interprété par des garçons et des filles noirs.
Bande de Filles est une fresque intime, une éducation sentimentale classique. Ce n’est pas un film de banlieue, si l’on considère grossièrement qu’il y a des règles du genre depuis une vingtaine d’années en France autour de cette question ; le film coup de poing comme La Haine, ou dans un enjeu de langage comme L’Esquive, en immersion dans les rites des quartiers. Bande de Filles compose, avec ces personnages contemporains, ces nouveaux visages et attitudes, un geste romanesque. Il les accompagne dans ce qu’ils sont comme promesse de fiction. Le film s’ancre dans plusieurs quartiers de la périphérie, Bagnolet, Bobigny, La Défense. Il filme ces espaces et leurs circulations. Pour autant il les réinterprète : tous les intérieurs sont des décors construits, en studio, où toutes les couleurs sont choisies, pensées, où il y a du recul. La place de la mise en scène. Bande de Filles est tourné en Scope, format propice à filmer le groupe et ces corps solidaires. La caméra est sur pied, avec un regard décidé plutôt que de s’en remettre à l’énergie préconçue d’une caméra portée plus attendue. Le film privilégie les travellings, et joue souvent du plan séquence. Le récit est construit en épisodes, avec ses accélérations dramatiques.
Karidja Touré s’est imposée pour jouer Marieme/Vic. C’était le rôle le plus difficile à attribuer, car il réclamait une grande solidité. Le personnage est de tous les plans du film sans exception. Avec ce paradoxe de l’héroïne, qui doit être inoubliable et singulière, tout en étant une page blanche. L’objet de l’identification et de toutes les projections. D’autant que Marieme traverse des identités et des états multiples avec la contrainte de plusieurs visages. Elle démarre enfant, s’affirme jeune femme, devient virile. C’est un défi immense pour une comédienne, d’autant que Karidja n’avait jamais joué. Nous avons fait un gros travail de construction des différentes étapes du personnage, à travers les costumes et les coiffures. Karidja en une journée pouvait endosser les trois visages de Marieme/Vic. Elle a une capacité de travail, de concentration et d’écoute très grande. Elle prête son corps et sa voix à l’interprétation du metteur en scène, avec confiance. Les acolytes de Vic avaient des partitions plus radicales. Et nous les avons choisies en conséquence. Assa Sylla s’est imposée pour jouer Lady, avec son charisme, son physique de danseuse, son élégance. Elle savait convoquer l’autorité nécessaire pour endosser le rôle du leader, tout en ayant une grande sensibilité nécessaire à l’ambiguïté du rôle. Lindsay Karamoh m’a séduite par son humour avec un débit et une intelligence du verbe rare. Le personnage d’Adiatou, était au cœur du dispositif des scènes qui réclamaient de l’improvisation, il nous fallait trouver une nature comique. Marietou Touré endosse le rôle du personnage le plus mystérieux de la bande, le plus mutique, Fily. Pour cela, il fallait une pure présence. Elle a cette chose miraculeuse : de l’attitude en toute circonstance. Chez toutes, il y avait une grande énergie combative, doublée d’une part d’enfance. Un fond de mélancolie, de fragilité et de tendresse, qui était l’alliage que je souhaitais pour le film. Nous avons travaillé ensemble pendant une dizaine de séances, avant le tournage, autour de l’énergie de groupe, de la convocation d’états, de la concentration. L’amitié a grandi entre elles et entre nous. Le premier jour de tournage, nous étions déjà un corps solidaire.

Celine Sciamma

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